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Cangiari, haute couture calabraise pour « changer »…

Testo in italiano in fondo.

Il y a juste un an je me précipite à l’Institut Italien de Culture de Paris pour visiter l’expo « L’art de Cangiari » et assister à la présentation de cette maison.

Printemps-été 2014. Photo www.cangiari.it

Printemps-été 2014. Photo www.cangiari.it

Cangiari est la première griffe éthique et écologique de la haute couture italienne. Elle se démarque pour ses tissus fabriqués avec des métiers à tisser manuels selon l’ancienne tradition calabraise, d’origine grecque et byzantine. Tous les tissus sont réalisés avec des matières et colorations biologiques. La filière productive est complétement « made in Italy ». Elle s’appuie sur des coopératives sociales du groupe Goel, dont l’un des objectifs est de revaloriser socialement, économiquement et moralement la région. La Calabre, région à l’extrême sud de l’Italie, est malheureusement une terre où la mafia est fortement enracinée et où le chômage des jeunes atteint 70%. Cangiari en dialecte calabrais veut dire justement « changer »… La direction créative de Cangiari est assurée par Paulo Melim Andersson. Ce styliste a travaillé précédemment chez Marni, Chloé et Vanessa Bruno. Pourquoi autant d’engouement ? Direz-vous. Non, il ne s’agit pas du fait que c’est de la mode et qu’en tant que femme, j’y serai plus sensible ! Il s’agit de motivations bien plus personnelles. D’abord parce que c’est une marque calabraise, de la côte ionienne dans la province de Reggio Calabria et cet endroit je le connais bien, c’est le berceau da ma famille ! Le fort engagement environnemental, moral et social de Cangiari et de son président, le passionné Vincenzo Linarello, m’ont particulièrement frappée. Je suis contente de voir cette volonté de rachat de la part des Calabrais qui veulent démontrer que chez eux, malgré la mafia, il y a surtout des gens honnêtes qui peuvent valoriser leur région au travers de leur travail et de leur savoir-faire. Il y a aussi ma passion pour la mode, bien sûr ! J’ai même eu la chance de travailler à Paris dans le bureau de presse d’un grand créateur italien. Mais je ne suis pas une «fashion victim», je suis intéressée plutôt par les coulisses de la mode, par sa création. En fait, c’est le monde de la couture que j’aime, peut-être parce qu’il me ramène à mon enfance. Ma mère a été couturière et une de mes tantes a été première d’atelier d’une créatrice turinoise. Je me souviens des heures de travail que ma mère passait à confectionner un tailleur et de tout le savoir-faire nécessaire pour réaliser un vêtement impeccable. Encore aujourd’hui je peux m’extasier devant le raccordement parfait des manches d’une veste à carreaux. Qui fait de la couture sait de quoi je parle… J’adorais accompagner ma mère aux magasins de tissus quand elle y allait avec ses clientes. J’aimais voir tous ces rouleaux de tissus, de milles matières, de milles couleurs. Quel plaisir de les toucher, de sentir leur texture, d’imaginer les vêtements qu’on pourrait y faire… Le bruit des ciseaux qui coupent un tissu pour moi est une véritable madeleine de Proust. Les souvenirs d’enfance ne s’arrêtent pas à la couture. Je me souviens aussi d’objets assez étranges qui trainaient dans la vieille maison de ma grand-mère en Calabre. Il s’agissait justement des pièces de son immense métier à tisser qu’elle avait démonté. Dans les années 70 plus personne ne s’intéressait à cet art ancien et les jeunes filles ne voulaient plus s’y initier. Dommage qu’elle n’a pas pu transmettre ce savoir-faire à ses filles, elle était une excellente tisserande dont les femmes les plus âgées de son village se souviennent encore. En plus il y a quelques années j’ai découvert qu’une de mes aïeules était fileuse .Il y a donc des fils qui parcourent ma familles depuis presque deux siècles ! Vous comprenez maintenant mieux pourquoi je suis attirée comme un aimant vers Cangiari ? Dans la frénésie, j’ai oublié mon appareil photo donc je ne peux pas vous montrer des images personnelles concernant les objets, les tissus et les magnifiques vêtements de l’expo. Comme naturellement, je possède des tissus faits par ma grand-mère avec son métier à tisser, en voici quelques exemples.

Asciugamano

Photo3

Photo2

Liens :

Cangiari

www.cangiari.it

Institut Italien de Culture à Paris

www.iicparigi.esteri.it

 

Cangiari, alta moda per « cambiare » …

Proprio un anno fa mi sono letteralmente precipitata all’Istituto Italiano di Cultura di Parigi per vedere la mostra <l’arte di Cangiari> e assistere alla presentazione di questa marca.

Cangiari è la prima griffe etica ed ecologica dell’alta moda italiana. Si contraddistingue per i suoi tessuti fatti al telaio a mano secondo l’antica tradizione calabrese, di origine greca e bizantina. Tutti i tessuti sono realizzati con filati e colorazioni biologiche. La filiera di produzione è 100% <Made in Italy>. Si appoggia sulle cooperative sociali del gruppo calabrese Goel, il cui obiettivo è di rivalorizzare la regione dal punto di vista economico, sociale e morale. In Calabria la mafia è fortemente radicata e la disoccupazione giovanile raggiunge il 70%. « Cangiari » in dialetto calabrese vuol dire giustamente « cambiare ».

La direzione creativa di Cangiari è affidata a Paulo Melim Andersson, stilista che in precedenza ha lavorato per Marni, Chloé e Vanessa Bruno.

Forse vi chiederete « perché tanto entusiasmo? » No, non si tratta del fatto che si tratta di moda e che essendo donna sono particolarmente sensibile a questo argomento! Ci sono motivazioni ben più personali.

Prima di tutto è perché si tratta di una marca calabrese della costa ionica, in provincia di Reggio Calabria. Queste sono zone che conosco molto bene, la mia famiglia è originaria di qui.

Il forte impegno ecologico, sociale e morale di Cangiari e del suo presidente, Vincenzo Linarello, mi hanno particolarmente colpito. Sono contenta di vedere questa volontà di riscatto da parte dei Calabresi che vogliono valorizzare questa bellissima regione con il loro lavoro e le loro antiche conoscenze.

Sicuramente c’è anche il mio interesse per la moda, in passato ho avuto la fortuna di lavorare a Parigi per un grande stilista italiano. Ma non mi definirei una <fashion victim>, mi interessa soprattutto tutto quello che si svolge dietro le quinte della moda, la sua creazione. Quello della sartoria è il mondo che mi appassiona di più, probabilmente perché mi fa pensare alla mia infanzia. Mia madre ha lavorato tanti anni come sarta e una delle mie zie è stata assistente di una stilista torinese.

Mi ricordo delle ore di lavoro che impiegava mia madre per confezionare un tailleur e di tutta la competenza necessaria per realizzare un vestito perfettamente su misura. Ancora oggi mi capita di ammirare, meravigliata, il raccordo perfetto delle maniche in una giacca a quadri. Chi s’intende di cucito sa di cosa sto’ parlando… Mi piaceva andare con mia madre nei negozi di tessuti quando accompagnava le sue clienti. Mi affascinava vedere tutti quei rotoli di tessuti, di filati diversi, di mille colori. Che piacere toccarli, sentirne la testura, immaginare i vestiti che si sarebbero potuti realizzare… Il rumore di una forbice che taglia la stoffa per me è una macchina del tempo che mi riporta alla mia infanzia.

Ma a questi ricordi se ne aggiungono altri. Tantissimi anni fa c’erano strani oggetti nella vecchia casa di mia nonna in Calabria. Erano i pezzi del suo immenso telaio, smontato da tempo. Negli anni 70 nessuno si interessava più alla tessitura. Le ragazze la consideravano una pratica desueta e degradante. Peccato che mia nonna non abbia potuto trasmettere quest’arte alle sue figlie, era un’eccellente tessitrice, le vecchiette del suo paese se ne ricordano ancora. Mia madre, col senno di poi, afferma con amarezza « chi fui storta! » (=che stupida!)

E per finire, qualche anno fa ho scoperto che una mia antenata era filatrice. Da quasi due secoli ci sono dei veri e propri fili che legano le diverse generazioni della mia famiglia!

Per tutti questi motivi vi è facile capire perché questa mostra su Cangiari mi attirato come un magnete.

Purtroppo quel giorno ho dimenticato la macchina fotografica, quindi non posso mostrarvi gli oggetti, i tessuti e i magnifici abiti esposti alla mostra. Fortunatamente ho in casa qualche tessuto realizzato da mia nonna con il suo telaio (foto sopra).

 

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