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La danse du singe nu

Depuis 1951 tous les ans, en février, les italiens ont un rdv avec un événement très médiatisé, Le Festival de San Remo, le festival de la chanson Italienne. Notre Eurovision de chez nous, en quelque sorte.

Il se déroule dans la petite ville de San Remo, en Ligurie, connue aussi comme « la ville des fleurs ».

Il s’étale sur cinq jours. Il démarre un mardi soir et il se termine en apothéose la nuit entre samedi et dimanche. Bien évidemment il est transmis tous les soirs en directe à la télé.

Décrit comme ça il semblerait quelque chose de ludique et inoffensif, un divertissement de plus qui passe sur les chaines italiennes. Et bien ce n’est pas le cas. Ce satané festival, tel un lierre invasif, monopolise tous les médias plusieurs semaines à l’avance. On parle des animateurs qui ont en charge la direction artistique de la kermesse, des chanteurs qui participeront à la compétition, des chanteurs qui en sont exclus, des vedettes (ou supposées telles) invitées pour animer le show etc. Et tous ces sujets donnent lieu à polémiques.

Le summum de cette activité frénétique est atteint lors de la semaine du festival : on critique la performance des animateurs, les tenues des chanteuses, la pertinence des vedettes invitées et seulement un dernier lieu la qualité des chansons. Et cela peut continuer pendant des semaines après la fin de la kermesse.

Les chansons présentées, sont presque toujours des chansons dites « de festival » dans lesquelles les mots amour-cœur-douleur sont employés de manière démesuré et le niveau de mièvrerie est poussé à la limite du supportable. Au festival de la chanson italienne, connue pour être mélodique et mielleuse, on cherche la victoire facile.

Mais depuis quelques années le vent a changé, des jeunes auteurs osent s’éloigner de ce modèle préformé et proposent textes et mélodies plus contemporaines. Et l’audace cette année a été primée, la chanson gagnante ne parle pas d’amour mais de la décadence pathétique et ridicule de notre société en manque de valeurs qui se réfugie dans la pratique occidentalisé et superficielle de disciplines orientales en pensant trouver ainsi les salut existentiel.

Cette chanson, Occidentali’s Karma, présenté par Francesco Gabbani, a suscité une déferlante de polémiques : certains l’ont trouvés trop iconoclaste, la plus part n’as pas compris les paroles, d’autres ont retenu seulement le singe qui dansait sur scène à côté du chanteur en le qualifiant d’enfantin et stupide (en ignorant ainsi que ce singe les représentait bien…)

Mais le publique a globalement bien apprécié, Occidentali’s Karma est la chanson la plus transmise dans les radios italiennes ; elle est rentrée dans le classement ITunes de plusieurs pays et sa clip a été visionnée des millions de fois. Elle représentera l’Italie à L’Eurovision 2017. La musique est très facile à retenir et se prête bien à la danse, même si elle rentre un peu trop facilement dans le crâne…Le texte est simple mais seulement en apparence, il y a beaucoup de citations de littérature, philosophie, éthologie. Shakespeare, Héraclite, Desmond Morris, Marx et Buddha donnent un coup de main à la compréhension de l’homme d’aujourd’hui, super connecté, à la recherche de lui-même empruntant des chemins trompeurs. Mais finalement il se prend les pieds dans tout ça, il n’avance pas et il reste ce qu’il est, un singe sans poils…

Allez, Namasté à tout le monde !

http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/eurovision-2017-le-bon-karma-italien-de-francesco-gabbani_42cbd634-f2ca-11e6-9846-871839e5cbf9/

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